Géométries du désir

Géométries du désir

De René Girard

Le cheminement du désir n’est point rectiligne. Il emprunte des tangentes, il esquisse des triangles, il s’enfonce dans des cercles vicieux. La coquette, le masochiste, le Don Juan, le voyeur, tous se laissent entraîner dans un ballet fascinant dont la chorégraphie leur échappe. Les relations intersubjectives tendent toujours vers un modèle fixe et géométrique. (…). L’érotisme est désormais un combat entre des Moi égaux et identiques. Il n’est pas un adolescent qui ne soit convaincu que le fait d’être « unique » empêche son union harmonieuse avec une partenaire tout aussi unique. Il est pourtant clair que chacun est une copie conforme des autres.